J’ai regardé avec hargne une émission populacière sur TF1. J’ai consciencieusement passé la tête à travers la lucarne donnant sur l’étable à vaches humaines pour mieux entendre meugler le troupeau hilare que sont mes semblables “TFunisés”.
Qu’ai-je vu, entendu ? Des animateurs prostitués à la cause AUDIMAT caquetant à n’en plus finir. Emissions au concept simple, efficace, parfaitement aliénant : de la lessive et des jeux. Un format soigneusement conçu par les patrons-proxénètes de TF1 pour rassembler un maximum d’abrutis moyens.
Le bavardage bouche-trous est la spécialité des émissions de TF1 : des femelles stéréotypées au sourire perpétuel blatèrent infatigablement sur des sujets ineptes entre deux interminables séquences de réclames. Plus c’est vulgaire, lourd, saturé de couleurs (remarquons la richesse de coloris des chemises portées sur TF1), plus la lessive se vend.
Dans ces émissions la pauvreté cérébrale, l’insignifiance du propos, l’indigence de l’esprit sont chaudement applaudies par un public complice qui ne demande qu’à être bêtifié. Les têtes vides des animateurs, des invités, du public résonnent dans la nuit jusque dans les chaumières les plus reculées. Et la lessive n’en finit pas de se vendre. De Paris aux confins du pays, ça rumine, beugle, chie en cadence dans les familles : TF1 pacifie les masses.
dimanche 20 mai 2007
739 - Un petit
Monsieur Dupont est petit. Monsieur Dupont est médiocre. Monsieur Dupont porte en lui des rêves à la mesure de ses dimanches de minable : cannes à pêche et canettes de bières incarnent pour lui les sommets de la félicité dominicale.
Maurice Dupont côtoie des minus qui lui ressemblent, d'ailleurs il appelle affectueusement ses amis "Ducon", preuve de l'estime faussement ironique qu'il porte à ses pairs... Ce Dupont serait-il conscient de sa petitesse, du caractère lamentablement "dupontesque" de sa personne ? Notre héros a un petit zizi et, assez sot pour en rougir, assure à qui veut le croire qu'il possède un "zobinard" digne d'un éphèbe qu'il n'est pas. Ce séducteur de caissières de supermarchés aime en outre épater amis et inconnus avec ses histoires insignifiantes. Dans ses aventures peu épiques mais terriblement pathétiques il affronte avec vaillance des dangers imaginaires à travers des jeux télévisés parfaitement débiles. Ainsi il sue avec les candidats auxquels il s'identifie furieusement (des minus habens de son espèce) en essayant de répondre à des questions ineptes du genre "Combien faut-il de grammes de lessive pour laver cinq kilogrammes de linge blanc à la température de 60 degrés Celsius ?" L'enjeu est de taille, il y a un téléviseur à écran plasma à gagner. Dupont a une existence vraiment trépidante devant ses programmes de télévision...
Dupont collectionne les bouchons de bouteilles de champagne, persuadé d'être un sacré original. Il n'hésite pas dans ses accès d'orgueil à revendiquer haut et fort sa passion pour les cylindres de liège.
Monsieur Dupont est petit. Monsieur Dupont est médiocre. Monsieur Dupont porte en lui des aspirations à la mesure des trésors proposés dans ses programmes de télévision. Monsieur Dupont a un secret. Un rêve à sa portée, un grand, un douloureux, un beau rêve : passer à la télévision afin de participer à son jeu favori et devant les caméras gagner le fameux téléviseur à écran plasma. Avoir la France entière pour témoin de son effroyable petitesse, tel est son plus grand rêve de minable.
Monsieur Dupont est petit. Monsieur Dupont est médiocre. Monsieur Dupont est heureux.
Monsieur Dupont porte en lui la petitesse et marche d'ailleurs à petits pas, écrasé par le poids de son incommensurable médiocrité.
Maurice Dupont côtoie des minus qui lui ressemblent, d'ailleurs il appelle affectueusement ses amis "Ducon", preuve de l'estime faussement ironique qu'il porte à ses pairs... Ce Dupont serait-il conscient de sa petitesse, du caractère lamentablement "dupontesque" de sa personne ? Notre héros a un petit zizi et, assez sot pour en rougir, assure à qui veut le croire qu'il possède un "zobinard" digne d'un éphèbe qu'il n'est pas. Ce séducteur de caissières de supermarchés aime en outre épater amis et inconnus avec ses histoires insignifiantes. Dans ses aventures peu épiques mais terriblement pathétiques il affronte avec vaillance des dangers imaginaires à travers des jeux télévisés parfaitement débiles. Ainsi il sue avec les candidats auxquels il s'identifie furieusement (des minus habens de son espèce) en essayant de répondre à des questions ineptes du genre "Combien faut-il de grammes de lessive pour laver cinq kilogrammes de linge blanc à la température de 60 degrés Celsius ?" L'enjeu est de taille, il y a un téléviseur à écran plasma à gagner. Dupont a une existence vraiment trépidante devant ses programmes de télévision...
Dupont collectionne les bouchons de bouteilles de champagne, persuadé d'être un sacré original. Il n'hésite pas dans ses accès d'orgueil à revendiquer haut et fort sa passion pour les cylindres de liège.
Monsieur Dupont est petit. Monsieur Dupont est médiocre. Monsieur Dupont porte en lui des aspirations à la mesure des trésors proposés dans ses programmes de télévision. Monsieur Dupont a un secret. Un rêve à sa portée, un grand, un douloureux, un beau rêve : passer à la télévision afin de participer à son jeu favori et devant les caméras gagner le fameux téléviseur à écran plasma. Avoir la France entière pour témoin de son effroyable petitesse, tel est son plus grand rêve de minable.
Monsieur Dupont est petit. Monsieur Dupont est médiocre. Monsieur Dupont est heureux.
Monsieur Dupont porte en lui la petitesse et marche d'ailleurs à petits pas, écrasé par le poids de son incommensurable médiocrité.
738 - La puissance de la beauté
Le spectacle de la beauté me rend meilleur, plus sensible, plus grand, moins médiocre, quelle qu'elle soit, de la moins évidente à la plus éclatante.
Du simple caillou -humble et parfait avec ses formes sommaires- au visage de la femme née avec les grâces de sa nature, la beauté me subjugue.
Alors que la laideur seule m'inspire pitié, dégoût, voire haine, la beauté qui s'affiche aux côtés de la laideur me rend indulgent envers cette dernière : ainsi la femme aux traits méprisables ne sera plus raillée si une créature l'accompagne. Certes je n'aurai d'yeux que pour le cygne, mais dans son ombre l'oiseau déplumé bénéficiera de ma clémence. En effet, je ne crache point au visage des laiderons lorsque dans leur proximité la vision d'un astre retient mon regard : la beauté adoucit mes moeurs.
La beauté me fait croire à des sommets, elle agit comme un coupe-faim : sous son empire j'oublie les trivialités de ce monde. Je ne songe plus aux soucis du lendemain mais prends conscience de mes ailes.
La preuve que la beauté est supérieure à la laideur, c'est qu'une femme sans attrait sera toujours moins courtisée qu'une femme vénusiaque. Sur l'échiquier de la Vérité, les dindes seront toujours rattrapées par les gazelles.
Mes frères les esthètes, toujours chérissez la beauté. Vous les beaux esprits voués aux causes supérieures, sachez chaque jour rendre hommage à la beauté et n'omettez jamais de durement châtier la laideur lorsque celle-ci vous offense. Giflez les laiderons qui à votre vue exposent leur misère sans pudeur ni remords, mais soyez moins sévères envers elles lorsqu'une beauté les accompagne, de la même manière que l'on est plus complaisant face aux grognements de la truie qui allaite : le spectacle touchant des porcelets fait un peu oublier la grossièreté de la génitrice.
Bref sachez que c'est la beauté et la beauté seule qui sauvera le monde, et non l'infirmité, la bêtise, la bassesse et la hideur.
Du simple caillou -humble et parfait avec ses formes sommaires- au visage de la femme née avec les grâces de sa nature, la beauté me subjugue.
Alors que la laideur seule m'inspire pitié, dégoût, voire haine, la beauté qui s'affiche aux côtés de la laideur me rend indulgent envers cette dernière : ainsi la femme aux traits méprisables ne sera plus raillée si une créature l'accompagne. Certes je n'aurai d'yeux que pour le cygne, mais dans son ombre l'oiseau déplumé bénéficiera de ma clémence. En effet, je ne crache point au visage des laiderons lorsque dans leur proximité la vision d'un astre retient mon regard : la beauté adoucit mes moeurs.
La beauté me fait croire à des sommets, elle agit comme un coupe-faim : sous son empire j'oublie les trivialités de ce monde. Je ne songe plus aux soucis du lendemain mais prends conscience de mes ailes.
La preuve que la beauté est supérieure à la laideur, c'est qu'une femme sans attrait sera toujours moins courtisée qu'une femme vénusiaque. Sur l'échiquier de la Vérité, les dindes seront toujours rattrapées par les gazelles.
Mes frères les esthètes, toujours chérissez la beauté. Vous les beaux esprits voués aux causes supérieures, sachez chaque jour rendre hommage à la beauté et n'omettez jamais de durement châtier la laideur lorsque celle-ci vous offense. Giflez les laiderons qui à votre vue exposent leur misère sans pudeur ni remords, mais soyez moins sévères envers elles lorsqu'une beauté les accompagne, de la même manière que l'on est plus complaisant face aux grognements de la truie qui allaite : le spectacle touchant des porcelets fait un peu oublier la grossièreté de la génitrice.
Bref sachez que c'est la beauté et la beauté seule qui sauvera le monde, et non l'infirmité, la bêtise, la bassesse et la hideur.
737 - La femme de cinquante ans
A vingt ans la femme est légère, voire insignifiante. A trente elle est désirable, à quarante elle est resplendissante, mais dès quarante-cinq ans elle devient douteuse.
A cinquante ans, elle est devenue un fruit en voie de putréfaction.
Je les vois bien ces visages en fin d'épanouissement qui traversent les rues à l'heure de sortie des bureaux, ces corps femelles qui commencent à faner... Je les vois chanceler sur leurs souliers un peu plus épais, ces chandelles presque éteintes. Je les vois peser de plus en plus, ces traits empâtés qui sous le fard inutile annoncent déjà la décrépitude... Ce fard qui souligne la disgrâce naissante de la femme, trahit sa beauté dégradée, ce fard sans joie qui n'est que le dernier artifice de l'amour avant la tombe, l'illusion qui ne trompe plus personne.
Tandis que l'homme vieillit comme un vin exquis, grave et serein, comme un chêne, tout en force et hauteur, tout en charme et légèreté, beau et solennel qu'il est, la femme avec les ans hérite du masque de la pourriture.
En avançant en âge elle doit apprendre à regarder en face sa laideur. Les plus belles ne sont point épargnées (voir le cas douloureux de Brigitte Bardot).
Rares, très rares sont les femmes qui gardent intact leur éclat jusqu'aux portes de la soixantaine.
L'originelle flamme qui fait d'elles le centre du monde les quitte en général avant cinquante ans..
La femme de cinquante ans est morte au monde, sur le plan des charmes. Et plus elle vieillira, moins elle sera désirée, et souvent sera méprisée.
Chez l'homme on constatera exactement l'inverse.
A cinquante ans, elle est devenue un fruit en voie de putréfaction.
Je les vois bien ces visages en fin d'épanouissement qui traversent les rues à l'heure de sortie des bureaux, ces corps femelles qui commencent à faner... Je les vois chanceler sur leurs souliers un peu plus épais, ces chandelles presque éteintes. Je les vois peser de plus en plus, ces traits empâtés qui sous le fard inutile annoncent déjà la décrépitude... Ce fard qui souligne la disgrâce naissante de la femme, trahit sa beauté dégradée, ce fard sans joie qui n'est que le dernier artifice de l'amour avant la tombe, l'illusion qui ne trompe plus personne.
Tandis que l'homme vieillit comme un vin exquis, grave et serein, comme un chêne, tout en force et hauteur, tout en charme et légèreté, beau et solennel qu'il est, la femme avec les ans hérite du masque de la pourriture.
En avançant en âge elle doit apprendre à regarder en face sa laideur. Les plus belles ne sont point épargnées (voir le cas douloureux de Brigitte Bardot).
Rares, très rares sont les femmes qui gardent intact leur éclat jusqu'aux portes de la soixantaine.
L'originelle flamme qui fait d'elles le centre du monde les quitte en général avant cinquante ans..
La femme de cinquante ans est morte au monde, sur le plan des charmes. Et plus elle vieillira, moins elle sera désirée, et souvent sera méprisée.
Chez l'homme on constatera exactement l'inverse.
736 - Interview d'un damné
Afin d'édifier les immoraux, assassins et autres odieux personnages se vautrant dans le vice, le Ciel m'a chargé d'une mission peu banale.
On m'a, en effet, présenté le pire des hommes qui vécut sur terre afin de le questionner, sorti du fin fond de l'enfer pour l'occasion. Ce n'était pas Hitler ni Gensin-Khan non, juste un anonyme, un homme du commun, simple, sans histoire si l'on peut dire... Un homme plein d'ordures qui toute sa vie s'adonna au crime, se rendant coupable d'horreurs, d'indignités, de bêtise et de bassesse. Le pire des hommes, disions-nous. Cette étrange affaire s'est passée lors d'un songe qui fut profond et troublant. Mais allons à l'essentiel sans plus tarder. Interview d'outre-flammes.
- Bonjour, parlez-moi un peu de vous. Qui êtes-vous, que faites-vous dans la géhenne ?
- Bonjour. Je m'appelle... En fait je n'ai plus de nom, je suis un damné. On me reproche mes actions. Il paraît que je suis le plus mauvais de tous les hommes ayant vécu sur terre. Je suis d'ailleurs resté fort longtemps sur terre où j'ai pu accumuler mes méfaits.
- Et quels sont ces méfaits qui vous valent d'être exclus des hauteurs paradisiaques ?
- J'ai tué, égorgé, éventré, brûlé, mis au supplice hommes, femmes, enfants. Je me suis amusé à mettre à mort mes semblables par les moyens les plus ignobles qui soient. Par milliers j'ai vu se tordre dans des souffrances inimaginables des enfants, des vieillards, des femmes. J'ai prolongé par tous les moyens leurs affres aux suppliciés, j'ai ri en entendant hurler et supplier mes victimes. C'était en temps de guerre, moi j'étais une bête. J'aimais ça tuer, répandre sang, désespoir, excrément. J'étais soldat dans une armée royale dans des temps où les Droit de l'Homme n'existaient pas encore, ivre de gains, assoiffé de guerre, je voulais m'amuser, m'enrichir, vivre. Il y avait de l'or a gagner lors de ces expéditions martiales, vous comprenez... J'avais le droit de tout faire alors j'en ai profité. J'étais le plus fort, le plus lâche, le plus atroce. Je ne vivais que pour le plaisir, que pour moi-même, que pour les biens matériels, n'hésitant pas à mentir, trahir, tromper, incendier, violer, étriper, tourmenter le premier venu afin obtenir l'argent, les femmes, la gloire, les vins. J'ai fait énormément souffrir les gens, surtout les enfants car c'était encore plus facile, plus amusant de m'attaquer à eux. J'ai fait cela en temps de guerre comme en temps de paix. J'étais ce qu'on appelle un abominable, un monstre, un démon. Le pire de tous les hommes qui ait jamais vécu sur terre.
- Vous n'aviez donc aucune pitié ?
- Aucune. Seuls comptaient mes profits personnels.
- Aviez-vous une femme, des enfants ?
- J'avais une femme et des enfants, oui.
- Et cela ne vous dérangeait pas de vous attaquer à des femmes et à des enfants qui auraient pu être les vôtres ?
- Ceux que j'ai mis à mort dans d'abominables souffrances n'étaient ni ma femme ni mes enfants. Pourquoi aurais-je eu pitié d'eux ?
- Comment un tel homme put-il vivre dans de telles immondices, sans aucune morale, insensible aux souffrances d'autrui, animé de desseins aussi vils ?
- Si je n'avais pas de morale, c'est parce que Dieu ne m'en a jamais donné. C'est de sa faute ! Moi je ne réfléchissais pas : l'or me rendait fou. Pourquoi Dieu a-t-il mis de l'or sur la terre ? C'est bien pour nous faire perdre la tête, non ? C'est Dieu le responsable de mes malheurs, maintenant que je suis en enfer ! Sur terre j'étais capable de tout pour obtenir de l'or. Je suis allé jusqu'au bout de mes désirs. Je suis devenu riche. J'ai joui de la vie, j'étais saoul tous les jours du matin au soir, m'adonnant à tous les excès sans le moindre scrupule ni retenue. Je vivais dans une époque barbare où l'idée des Droits de l'Homme était une totale hérésie. Que me reproche-t-on ? Je ne suis pas responsable de ce que j'ai fait. C'est la faute à mon époque, la faute à Dieu, la faute aux autres.
- Certes mais d'autres hommes qui vivaient à votre époque dans le même contexte de barbarie ambiante ne s'adonnaient point au crime pour autant... Certes les Droit de l'Homme n'existaient pas, cela empêchait-il aux hommes de faire preuve d'humanité ?Vous aviez bien des exemples de douceur autour de vous. Vous aviez la notion du bien et du mal. Pourquoi n'avoir pas fait le choix du bien ?
- Parce que le mal, ça rapportait plus d'or que le bien, parce que les autres, ce n'était pas moi. Moi je vivais pour moi, pas pour les autres. Quand j'embrochais un enfant, que j'ouvrais le ventre d'une femme enceinte, que je rompais les membres d'un homme, moi je ne ressentais pas de douleur et en plus cela me faisait vraiment rire. Alors pourquoi me serais-je privé du plaisir de voir souffrir les autres ? Je n'avais aucune raison de ne pas faire souffrir et tuer les autres. Au contraire j'avais toutes les raisons de le faire puisque cela me distrayait beaucoup et me rapportait des biens matériels, en temps de guerre comme en temps de paix. J'ai toujours aimé faire mal aux autres, voler, mentir, m'enivrer, me bagarrer, manger, violer, m'enrichir. Ma vie était belle ainsi.
- Et si c'était à refaire ?
- Si c'était à refaire je recommencerais car je préfère être sur terre en train de m'enrichir et m'amuser à supplicier et voir agoniser des enfants plutôt qu'être ici à croupir dans les flammes où je ne m'amuse pas du tout !
- Vous êtes à ce point mauvais, incorrigible, irrécupérable ? Je commence à comprendre le bien-fondé de votre présence ici ! Ne souhaitez-vous donc pas vous repentir et sortir de ces lieux, commencer à devenir humain ?
- Me repentir de quoi ? De mes plaisirs terrestres ? Au contraire, j'aimerais bien recommencer moi ! Je n'ai qu'un désir, qu'un seul : partir d'ici et me retrouver comme par le passé à jouir de la vie. Vous croyez que j'aime ça être en enfer ? Qu'est-ce que ça me rapporte d'être ici ? Ici je suis malheureux, sur terre j'étais heureux. Au moins dans le monde matériel où je suis né j'avais de l'or, des femmes, des victimes, plein de plaisirs.
- Mais alors pour vous c'est quoi la vie ?
- La vie pour moi, c'est MOI. Moi, c'est tout ce qui compte. C'est moi qui vit, qui me sens vivre. Les autres, ce n'est pas moi. Les autres n'existent pas pour moi. Je ne suis pas les autres, je suis moi. De toute façon en enfer ce n'est pas la vie. Ici ce n'est pas la vie non, ici c'est la souffrance car enfin l'enfer, l'enfer c'est également MOI.
C'est sur ces mots à la fois pleins de sens et de dérision que je pris congé de l'hôte de la géhenne, n'omettant pas toutefois de lui souhaiter ardemment d'accéder à la rédemption un jour. Ainsi après cette interview exceptionnelle du plus mauvais des hommes ayant vécu sur terre, dans un interminable soupir de lassitude ce dernier était reparti dans ses fonds remplis de ténèbres. Que ces mots vous soient ici rapportés fidèlement et qu'ils vous fassent réfléchir sur vos actions, vous les ignobles individus qui vivez sans aucune morale et agissez en votre nom et en votre nom seul.
On m'a, en effet, présenté le pire des hommes qui vécut sur terre afin de le questionner, sorti du fin fond de l'enfer pour l'occasion. Ce n'était pas Hitler ni Gensin-Khan non, juste un anonyme, un homme du commun, simple, sans histoire si l'on peut dire... Un homme plein d'ordures qui toute sa vie s'adonna au crime, se rendant coupable d'horreurs, d'indignités, de bêtise et de bassesse. Le pire des hommes, disions-nous. Cette étrange affaire s'est passée lors d'un songe qui fut profond et troublant. Mais allons à l'essentiel sans plus tarder. Interview d'outre-flammes.
- Bonjour, parlez-moi un peu de vous. Qui êtes-vous, que faites-vous dans la géhenne ?
- Bonjour. Je m'appelle... En fait je n'ai plus de nom, je suis un damné. On me reproche mes actions. Il paraît que je suis le plus mauvais de tous les hommes ayant vécu sur terre. Je suis d'ailleurs resté fort longtemps sur terre où j'ai pu accumuler mes méfaits.
- Et quels sont ces méfaits qui vous valent d'être exclus des hauteurs paradisiaques ?
- J'ai tué, égorgé, éventré, brûlé, mis au supplice hommes, femmes, enfants. Je me suis amusé à mettre à mort mes semblables par les moyens les plus ignobles qui soient. Par milliers j'ai vu se tordre dans des souffrances inimaginables des enfants, des vieillards, des femmes. J'ai prolongé par tous les moyens leurs affres aux suppliciés, j'ai ri en entendant hurler et supplier mes victimes. C'était en temps de guerre, moi j'étais une bête. J'aimais ça tuer, répandre sang, désespoir, excrément. J'étais soldat dans une armée royale dans des temps où les Droit de l'Homme n'existaient pas encore, ivre de gains, assoiffé de guerre, je voulais m'amuser, m'enrichir, vivre. Il y avait de l'or a gagner lors de ces expéditions martiales, vous comprenez... J'avais le droit de tout faire alors j'en ai profité. J'étais le plus fort, le plus lâche, le plus atroce. Je ne vivais que pour le plaisir, que pour moi-même, que pour les biens matériels, n'hésitant pas à mentir, trahir, tromper, incendier, violer, étriper, tourmenter le premier venu afin obtenir l'argent, les femmes, la gloire, les vins. J'ai fait énormément souffrir les gens, surtout les enfants car c'était encore plus facile, plus amusant de m'attaquer à eux. J'ai fait cela en temps de guerre comme en temps de paix. J'étais ce qu'on appelle un abominable, un monstre, un démon. Le pire de tous les hommes qui ait jamais vécu sur terre.
- Vous n'aviez donc aucune pitié ?
- Aucune. Seuls comptaient mes profits personnels.
- Aviez-vous une femme, des enfants ?
- J'avais une femme et des enfants, oui.
- Et cela ne vous dérangeait pas de vous attaquer à des femmes et à des enfants qui auraient pu être les vôtres ?
- Ceux que j'ai mis à mort dans d'abominables souffrances n'étaient ni ma femme ni mes enfants. Pourquoi aurais-je eu pitié d'eux ?
- Comment un tel homme put-il vivre dans de telles immondices, sans aucune morale, insensible aux souffrances d'autrui, animé de desseins aussi vils ?
- Si je n'avais pas de morale, c'est parce que Dieu ne m'en a jamais donné. C'est de sa faute ! Moi je ne réfléchissais pas : l'or me rendait fou. Pourquoi Dieu a-t-il mis de l'or sur la terre ? C'est bien pour nous faire perdre la tête, non ? C'est Dieu le responsable de mes malheurs, maintenant que je suis en enfer ! Sur terre j'étais capable de tout pour obtenir de l'or. Je suis allé jusqu'au bout de mes désirs. Je suis devenu riche. J'ai joui de la vie, j'étais saoul tous les jours du matin au soir, m'adonnant à tous les excès sans le moindre scrupule ni retenue. Je vivais dans une époque barbare où l'idée des Droits de l'Homme était une totale hérésie. Que me reproche-t-on ? Je ne suis pas responsable de ce que j'ai fait. C'est la faute à mon époque, la faute à Dieu, la faute aux autres.
- Certes mais d'autres hommes qui vivaient à votre époque dans le même contexte de barbarie ambiante ne s'adonnaient point au crime pour autant... Certes les Droit de l'Homme n'existaient pas, cela empêchait-il aux hommes de faire preuve d'humanité ?Vous aviez bien des exemples de douceur autour de vous. Vous aviez la notion du bien et du mal. Pourquoi n'avoir pas fait le choix du bien ?
- Parce que le mal, ça rapportait plus d'or que le bien, parce que les autres, ce n'était pas moi. Moi je vivais pour moi, pas pour les autres. Quand j'embrochais un enfant, que j'ouvrais le ventre d'une femme enceinte, que je rompais les membres d'un homme, moi je ne ressentais pas de douleur et en plus cela me faisait vraiment rire. Alors pourquoi me serais-je privé du plaisir de voir souffrir les autres ? Je n'avais aucune raison de ne pas faire souffrir et tuer les autres. Au contraire j'avais toutes les raisons de le faire puisque cela me distrayait beaucoup et me rapportait des biens matériels, en temps de guerre comme en temps de paix. J'ai toujours aimé faire mal aux autres, voler, mentir, m'enivrer, me bagarrer, manger, violer, m'enrichir. Ma vie était belle ainsi.
- Et si c'était à refaire ?
- Si c'était à refaire je recommencerais car je préfère être sur terre en train de m'enrichir et m'amuser à supplicier et voir agoniser des enfants plutôt qu'être ici à croupir dans les flammes où je ne m'amuse pas du tout !
- Vous êtes à ce point mauvais, incorrigible, irrécupérable ? Je commence à comprendre le bien-fondé de votre présence ici ! Ne souhaitez-vous donc pas vous repentir et sortir de ces lieux, commencer à devenir humain ?
- Me repentir de quoi ? De mes plaisirs terrestres ? Au contraire, j'aimerais bien recommencer moi ! Je n'ai qu'un désir, qu'un seul : partir d'ici et me retrouver comme par le passé à jouir de la vie. Vous croyez que j'aime ça être en enfer ? Qu'est-ce que ça me rapporte d'être ici ? Ici je suis malheureux, sur terre j'étais heureux. Au moins dans le monde matériel où je suis né j'avais de l'or, des femmes, des victimes, plein de plaisirs.
- Mais alors pour vous c'est quoi la vie ?
- La vie pour moi, c'est MOI. Moi, c'est tout ce qui compte. C'est moi qui vit, qui me sens vivre. Les autres, ce n'est pas moi. Les autres n'existent pas pour moi. Je ne suis pas les autres, je suis moi. De toute façon en enfer ce n'est pas la vie. Ici ce n'est pas la vie non, ici c'est la souffrance car enfin l'enfer, l'enfer c'est également MOI.
C'est sur ces mots à la fois pleins de sens et de dérision que je pris congé de l'hôte de la géhenne, n'omettant pas toutefois de lui souhaiter ardemment d'accéder à la rédemption un jour. Ainsi après cette interview exceptionnelle du plus mauvais des hommes ayant vécu sur terre, dans un interminable soupir de lassitude ce dernier était reparti dans ses fonds remplis de ténèbres. Que ces mots vous soient ici rapportés fidèlement et qu'ils vous fassent réfléchir sur vos actions, vous les ignobles individus qui vivez sans aucune morale et agissez en votre nom et en votre nom seul.
735 - Dieu n'est pas bête du tout !
Dieu est un type bien, un être contradictoire mais très créatif possédant une personnalité tout de même assez complexe. Étonnamment doué pour les arts, la physique, le 100 mètres en natation, la mécanique automobile, il est imbattable aux échecs, incollable en Histoire.
C'est un poète qui a la bosse des maths.
Pas si sot, Dieu a choisi de se cacher pour mieux asseoir sa puissance. Cet animal est particulièrement susceptible : si on veut être dans ses faveurs il y a intérêt à croire à son entreprise multinationale. J'ai bien essayé de le mettre à l'épreuve, mais il est plus malin que l'on croit. Ainsi un jour au casino, alors que je venais de mettre mes derniers jetons dans une machine à sous, je me suis mis à le prier très fort : "si tu existes fais cracher le pactole à cette foutue machine qui m'a bouffé tous mes jetons, et là je croirai en toi, promis-juré !" Retenant mon souffle je mis mes derniers jetons, actionnai la manette, yeux fermés, doigts croisés... "Dieu si tu existes, fais que les rouleaux s'alignent sur les bons numéros " me répétai-je...
Les rouleaux n'en finissaient pas de tourner dans des cliquetis hystériques... Enfin ils s'immobilisèrent. Fébrile, j'ouvris les yeux.
Des chiffres apparurent, éclatants de promesses : je venais de décrocher le pactole !
Mais après une brève réflexion je me dis qu'en fait dans cet enfer du jeu, tirant les ficelles depuis les abîmes, c'est le diable qui venait de se manifester à moi, ce prince du mensonge et du hasard !
C'est là que je dis que Dieu est une personnalité complexe, un être contradictoire, un sacré bougre de renard : la preuve que Dieu venait de me donner qu'il était bien derrière cette trouble affaire tout en ne l'étant pas, donc qu'il existait, était que je venais de gagner le pactole au casino. Ma prière avait été exaucée, bien sûr mais par qui ?
"Si le démon du jeu existe, c'est que Dieu l'a créé" pensai-je, perplexe.
Je fis don de mes gains à un pauvre diable qui tendait la sébile au sortir de l'établissement impie et ne remis plus jamais les pieds au casino.
Ainsi Dieu m’avait prouvé son existence en me dégoûtant des casinos. En creux il s'était manifesté : en me faisant gagner puis perdre aussitôt mes gains.
Il est fort Dieu, non ?
C'est un poète qui a la bosse des maths.
Pas si sot, Dieu a choisi de se cacher pour mieux asseoir sa puissance. Cet animal est particulièrement susceptible : si on veut être dans ses faveurs il y a intérêt à croire à son entreprise multinationale. J'ai bien essayé de le mettre à l'épreuve, mais il est plus malin que l'on croit. Ainsi un jour au casino, alors que je venais de mettre mes derniers jetons dans une machine à sous, je me suis mis à le prier très fort : "si tu existes fais cracher le pactole à cette foutue machine qui m'a bouffé tous mes jetons, et là je croirai en toi, promis-juré !" Retenant mon souffle je mis mes derniers jetons, actionnai la manette, yeux fermés, doigts croisés... "Dieu si tu existes, fais que les rouleaux s'alignent sur les bons numéros " me répétai-je...
Les rouleaux n'en finissaient pas de tourner dans des cliquetis hystériques... Enfin ils s'immobilisèrent. Fébrile, j'ouvris les yeux.
Des chiffres apparurent, éclatants de promesses : je venais de décrocher le pactole !
Mais après une brève réflexion je me dis qu'en fait dans cet enfer du jeu, tirant les ficelles depuis les abîmes, c'est le diable qui venait de se manifester à moi, ce prince du mensonge et du hasard !
C'est là que je dis que Dieu est une personnalité complexe, un être contradictoire, un sacré bougre de renard : la preuve que Dieu venait de me donner qu'il était bien derrière cette trouble affaire tout en ne l'étant pas, donc qu'il existait, était que je venais de gagner le pactole au casino. Ma prière avait été exaucée, bien sûr mais par qui ?
"Si le démon du jeu existe, c'est que Dieu l'a créé" pensai-je, perplexe.
Je fis don de mes gains à un pauvre diable qui tendait la sébile au sortir de l'établissement impie et ne remis plus jamais les pieds au casino.
Ainsi Dieu m’avait prouvé son existence en me dégoûtant des casinos. En creux il s'était manifesté : en me faisant gagner puis perdre aussitôt mes gains.
Il est fort Dieu, non ?
734 - Les feux interdits
A l'époque je venais d'entrer au séminaire : longue était ma soutane, brève ma vue.
Mais bientôt troublé par la beauté d'un éphèbe de mon âge, je dus admettre l'inavouable évidence. Ma nature chavira : des flammes inédites s'éveillèrent dans ma chair, des séductions folles incendièrent mon âme. A l'inexpérience, l'ignorance, la mollesse de ma pieuse condition succéda une ivresse infernale. Mon coeur candide en proie à ces passions sulfureuses se mit à battre -pour la première fois de ma vie-, et de l'attente de voir se réaliser les abstraites et lénifiantes promesses faites par un clergé parfaitement dogmatique, promesses certes honorables mais qui me laissaient insensible, je passai aux tourments délicieux d'une réalité magistrale, immédiate, saisi par de plus vifs, plus ardents frémissements.
Ces tremblements me firent pressentir les véritables sommets de l'existence, loin de mes studieux cours de théologie. L'Amour, le vrai, le tangible, le secret, l'impérieux, le brûlant, le honteux, le beau, le mystérieux, je le vivais dans ma chair, au fond de mon coeur, jusque dans mes songes, à chaque seconde du jour, le dédiant même à tous les astres de la nuit.
Aux antipodes de mes missels.
Je ne reniai point les hauteurs célestes pour autant, bien au contraire. Enchaîné à une cause aussi éclatante, je ne pouvais que louer l'Auteur de ces affres exquises. Auparavant la sagesse du livre saint, même avec ses ternes agréments, suffisait à me faire désirer porter la robe noire. Mais depuis que l'Amour était entré dans ma vie, depuis qu'à travers cette pédérastique alliance des corps et des âmes je venais de faire l'expérience divine, des ailes claires semblaient percer l'habit sombre que je convoitais tant. Je souhaitai plus que jamais endosser la bure sévère du prêtre, signe de mon appartenance à l'Eglise de l'Amour. Ce cruel paradoxe de l'amour constitué à travers cette tendresse sodomite que j'étais en train de vivre, n'est-ce pas précisément le grand paradoxe de Dieu ?
J'acceptais mon inversion sexuelle non comme une épreuve mais comme une bénédiction car c'est grâce à cette liaison que l'on dit éhontée qu'au séminaire l'excitation spirituelle la plus pure s'empara de mon être.
Gardant secret toute ma vie cet amour d'inverti, je fis un excellent prêtre que Dieu s'apprête à recevoir, maintenant que j'approche du grand Sommeil.
Mais bientôt troublé par la beauté d'un éphèbe de mon âge, je dus admettre l'inavouable évidence. Ma nature chavira : des flammes inédites s'éveillèrent dans ma chair, des séductions folles incendièrent mon âme. A l'inexpérience, l'ignorance, la mollesse de ma pieuse condition succéda une ivresse infernale. Mon coeur candide en proie à ces passions sulfureuses se mit à battre -pour la première fois de ma vie-, et de l'attente de voir se réaliser les abstraites et lénifiantes promesses faites par un clergé parfaitement dogmatique, promesses certes honorables mais qui me laissaient insensible, je passai aux tourments délicieux d'une réalité magistrale, immédiate, saisi par de plus vifs, plus ardents frémissements.
Ces tremblements me firent pressentir les véritables sommets de l'existence, loin de mes studieux cours de théologie. L'Amour, le vrai, le tangible, le secret, l'impérieux, le brûlant, le honteux, le beau, le mystérieux, je le vivais dans ma chair, au fond de mon coeur, jusque dans mes songes, à chaque seconde du jour, le dédiant même à tous les astres de la nuit.
Aux antipodes de mes missels.
Je ne reniai point les hauteurs célestes pour autant, bien au contraire. Enchaîné à une cause aussi éclatante, je ne pouvais que louer l'Auteur de ces affres exquises. Auparavant la sagesse du livre saint, même avec ses ternes agréments, suffisait à me faire désirer porter la robe noire. Mais depuis que l'Amour était entré dans ma vie, depuis qu'à travers cette pédérastique alliance des corps et des âmes je venais de faire l'expérience divine, des ailes claires semblaient percer l'habit sombre que je convoitais tant. Je souhaitai plus que jamais endosser la bure sévère du prêtre, signe de mon appartenance à l'Eglise de l'Amour. Ce cruel paradoxe de l'amour constitué à travers cette tendresse sodomite que j'étais en train de vivre, n'est-ce pas précisément le grand paradoxe de Dieu ?
J'acceptais mon inversion sexuelle non comme une épreuve mais comme une bénédiction car c'est grâce à cette liaison que l'on dit éhontée qu'au séminaire l'excitation spirituelle la plus pure s'empara de mon être.
Gardant secret toute ma vie cet amour d'inverti, je fis un excellent prêtre que Dieu s'apprête à recevoir, maintenant que j'approche du grand Sommeil.
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