jeudi 28 août 2008

799 - L'hystérie écologique

Les savants autrefois étaient unanimes : la terre était plate, puis c'était le soleil qui lui tournait autour, ensuite (au dix-neuvième siècle, ce qui ne fait pas si longtemps) ces infaillibles érudits prétendaient que les souris naissaient spontanément dans les granges, les greniers, voire à partir de touffes de foin mélangées de bouts de chiffons.

Ces illustres "barbes d'argent" fort doctement émettaient d'immortelles âneries que le reste de l'humanité -encore plus sotte et ignare que ces gourous parlant le latin- gobait sans broncher.

En médecine on a vu également des cohortes de pondeurs de sornettes.

Nos scientifiques contaminés par la pensée écologiste traînent eux aussi les hérésies de leur époque. Ils seront à leur tour raillés par leurs descendants qui les traiteront de naïfs.

Nous ne constatons les effets de la pollution que dans les médias, pas dans le concret. Quant au réchauffement climatique, il est naturel selon moi.

Jusqu'à maintenant je n'ai pas été une seule fois victime d'empoisonnement, d'asphyxie ou de je ne sais quels désagréments d'origine alimentaire, même quand je me rends dans des grande villes. Je ne connais aucun cas de maladie, de décès, d'infirmité dus à des ingestions de légumes cultivés sur nos terres prétendument empoisonnées, viciées, dénaturées.

En revanche comme tout le monde je connais bien des cas d'empoisonnements par baies sauvages, champignons vénéneux ou plantes médicinales mal dosées : la nature ne fait pas de cadeau aux citadins pétris de sensiblerie écologique !

A entendre les écologistes exaltés, la fin du monde est proche, les éléments vont se déchaîner pour détruire toutes les villes, les eaux recouvrir les continents, le feu tomber du ciel...

Cessons d'alimenter la psychose mondiale ! En l'an 1000 l'on s'attendait à la fin des temps, certains voyaient des signes terribles dans les nues. Aujourd'hui on tremble devant le cataclysme écologique qui, jurent les adeptes de la "cause verte", est pour demain !

La planète, considérée comme un seul homme, est aussi capable de délirer environ une fois tous les millénaires...

Jeter un papier par terre ou dans une poubelle ne fait que déplacer le problème. Qui n'en est pas un d'ailleurs.

Brûler à petit feu le pétrole pour faire durer les réserves encore mille ans ou tout dépenser en quelques années sans aucune modération, à l'échelle géologique le résultat sera le même : zéro.

Une éruption volcanique moyenne rejette en une seule journée dans l'atmosphère l'équivalent de plusieurs années de "pollution" industrielle mondiale. Or les éruptions volcaniques sont constantes depuis l'origine de la Terre. Des milliards de tonnes de "déchets" naturels ont ainsi été rejetés dans notre atmosphère pour enrichir la planète ou bien faire fluctuer avec fruit sa température générale.

C'est surtout dans les têtes que l'économie d'énergie -donc la réduction de pollution- a des effets.

De même pourquoi s'alarmer de la disparition d'espèces ? Il est normal que des espèces disparaissent pour que d'autres apparaissent. C'est la loi de la vie depuis toujours. Et lorsque c'est l'homme en action (un pléonasme en fait : une des caractéristiques de l'homme n'est-elle pas d'agir sur son environnement ?) qui génère des disparitions d'espèces nuisibles ou dangereuses (l'ours des Pyrénées, le loup) ou qui combat ces espèces sans parvenir à les faire disparaître en dépit de son génie (les virus, les rats vecteurs de maladies, le ver solitaire, etc.), lorsque c'est l'homme disais-je qui est à l'origine de ces disparitions d'espèces, ne faut-il pas s'en réjouir au lieu de s'en chagriner ?

Certes des espèces d'huîtres ou de végétaux utiles disparaissent, ce qui est regrettable pour la nature et aussi pour l'homme qui ne maîtrise pas toujours les effets de son activité. Mais en règle générale l'homme dans bien des domaines fait beaucoup mieux que simplement imiter la nature et ses lentes, laborieuses sélections dites "naturelles" : il la dépasse.

Il fait bien mieux que la nature en opérant, par exemple, des croisements de fruits pour faire naître de nouvelles espèces que la nature seule aurait été incapable de produire.

La nature fait souvent les choses en petit, amer, immangeable et "avec plein d'épines". L'homme fait opulent, juteux, sucré et en "peau de pêche".

L'homme opère lui aussi des sélections non pas bêtement NATURELLES mais génialement HUMAINES.

C'est à dire dix millions de fois plus vite que ne le fait la nature. Et dix fois mieux.

Pour que la nature seule nous débarrassât des loups, il aurait fallu patienter passivement pendant des millénaires. Donc attendre que des centaines de milliers de troupeaux ovins de nos descendants se fassent dévorer "naturellement" (autant dire : avec l'assentiment des écologistes).

Laisser faire de la sorte la nature, c'est aussi une manière d'agir sur elle artificiellement. Ne pas agir sur les éléments quand on peut agir, c'est une façon d'agir par nature interposée. Laisser la nature s'approprier l'espace vital de l'homme, c'est faire comme si l'homme n'était pas présent sur la planète. Or il est présent.

Un jardinier qui décide de laisser la nature s'occuper de son potager n'agit pas naturellement puisque lui le jardinier fait aussi partie de la nature au même titre que l'insecte sur ses pommes ou l'abeille dans ses fleurs. Dés lors que l'homme foule le sol de sa planète, il y a automatiquement pollution, si on entend par le terme "pollution" toute activité humaine qui se répercute de manière durable sur les éléments.

L'hippopotame a aussi une action durable, définitive, irréversible sur son environnement, de même que l'autruche ou le ver de terre.

Alors pourquoi l'homme, ce roi des créatures, n'aurait-il pas le droit lui aussi de marquer le sol de son empreinte, le ciel de ses rêves, la lune du feu de ses astronefs ?

798 - Les souillards de la Toile

L'ordure remplit la Toile à vitesse quasi exponentielle.

Les pornocrates de tous poils se sont précipités dans le filon informatique pour s'enrichir en répandant leur fange. Il y a de tout parmi cette pègre : cela va des crapules les plus subtiles qui pour leur défense brandissent la caution esthétique jusqu'aux plus puantes agissant par pure vénalité en passant par les pires détraqués en liberté ayant perdu toute foi (mais quand même sans violer la loi des hommes, pour mieux durer...).

Comble de l'iniquité : la loi les protège.

A partir du moment où ces êtres malfaisants souillant le NET -donc les esprits faibles- de leurs oeuvres mercantiles à caractère pornographique ne font rien qui soit hors la loi, cette dernière les tolère. Pire : en certains cas elle les aide.

D'ailleurs on peut se demander si le terme "pornographique" est encore valable en ce qui concerne certains excès... Ne faudrait-il pas plutôt parler d'immondices mentales ? "Pornographie" a encore une connotation trop culturelle pour qualifier ces aberrations croisées sur la Toile, voire imposées à l'internaute imprudent qui ne demande rien.

Ces faiseurs de vice honorablement secondés par des structures financières et juridiques tout ce qu'il y a de plus légales inventent n'importe quoi pour racoler le minable de base en quête d'avilissement. Aucun aspect de la morbidité de l'esprit humain ne les rebute, au contraire ils exploitent les pathologies libidineuses les plus inconcevables pour faire du fric. Tout est passé en revue, depuis les déviances les plus réalistes jusqu'à certaines aberrations purement imaginaires, le réel ne leur suffisant même plus pour alimenter leurs moulins à ordures.

Plus c'est répugnant, ignoble, choquant, moins ils semblent mettre de frein aux vomissures de leur esprits en pleine putréfaction morale.

Ne parlons même pas des victimes -essentiellement des femmes- de cette crapulocratie internautique qui, par appât du gain facile, faiblesse morale, détresse psychologique, misère sociale, pauvreté spirituelle ou simplement parce qu'elles sont forcées, fournissent à ces bandits la "matière première" à leur hideuse entreprise. Et cela bien entendu non seulement au prix de la santé physique, mentale de ces femmes, mais aussi de leur dignité.

Ce dont ces proxénètes -pour les appeler comme ils le méritent- n'ont que faire, rappelons-le.

Ces lâches se cachant très souvent derrière des paravents professionnels parfaitement opaques, il est difficile de leur mettre la main dessus. Aussi, j'invite tous les esprits encore sains de la Toile à pourchasser informatiquement ces producteurs d'excréments en inondant leur BAL (pour ceux qui parviendront à les identifier) de ce présent texte, de la même manière qu'ils nous inondent de leurs déjections mercantilo-sexuelles.

Pour retrouver la propreté originelle de la Toile, réagissons -même si ce n'est que symboliquement- contre les méfaits de cette canaille.

Puisse ce texte simple, accessible, sincère, être à l'origine d'une croisade efficace contre les souillards de la Toile !

dimanche 17 août 2008

797 - Mangeurs de porcs

Les gens de nos contrées, accoutumés depuis des générations à ingérer quotidiennement de la chair porcine vivent sans le savoir dans l'ignominie alimentaire. Le cochon, symbole de la fange, bête certes sensible mais puante, "ogresque", répugnante, sinistrement offre depuis des siècles sa chair abjecte aux populations grossières qu'elle engraisse.

En outre la viande du porc ressemble beaucoup, paraît-il, à la chair humaine quant à son goût. Ne serait-ce que pour cette raison, l'on devrait bannir définitivement ce mets de nos tables, le honnir résolument. Malheureusement les siècles l'ont solidement établi sur le trône indigne de nos faveurs gastronomiques...

Consommer la viande de ce rose animal qui hurle à fendre le coeur quand on l'assassine est un double crime. Crime contre la créature "objetisée" jusque dans ses derniers viscères mis en bocaux, crime contre le bon goût. Préparer du porc au repas, se délecter de la chair de ce quasi double de nous-mêmes : réjouissances pour le vulgaire, moeurs infâmes aux yeux de l'esthète !

Ce qui semble ordinaire, anodin au commun peut être exceptionnellement haïssable pour le bel esprit.

Je considère les mangeurs de porcs comme des dégénérés qui s'ignorent, d'aimables sauvages, de civilisés anthropophages, de raffinés barbares qui, habitués à la puanteur de l'esprit populaire, ne la sentent plus.

lundi 4 août 2008

796 - Lettre aux mineurs de fond

AVERTISSEMENT

Certaines personnes ont malheureusement pris au premier degré ce texte ironique, ce qui m'a valu quelques désagréments. Des anciens mineurs et fils de mineurs se sont sentis injuriés à tort par ce texte qui est non pas seulement une critique -sous des dehors acerbes faussement moqueurs- de l'exploitation de l'homme par l'homme mais également une dénonciation sans complaisance de la complicité des mineurs de fond eux-mêmes dans le système qui les broya. Je tiens donc à clarifier les choses : je ne méprise nullement les mineurs de fond, ni même leurs patrons d'ailleurs. Je ne fais qu'une petite analyse -sur le mode ironique- qui vaut ce qu'elle vaut mais qui a l'avantage d'être courageusement indépendante.

On vous appelle les "gueules noires" avec respect et admiration sous prétexte que vous vous encrassez la face du matin au soir comme de gros souillons à trente mètres sous terre ... Moi je vous nomme "têtes de cochons" car vous n'êtes que de sales pervers s'adonnant au travail de force, ce qui nécessairement vous fait puer la sueur comme des porcs !

Vous êtes des petits crasseux côtoyant de la naissance à la mort cette saleté de charbon que vous magnifiez bêtement comme si votre existence de "pataugeurs professionnels" représentait le summum de la félicité sociale, l'exemple de la réussite personnelle, le modèle du courage collectif alors qu'en vérité, incapables de vous extraire de votre fange atavique, vous ne cultivez que l'échec, la misère, la faiblesse, la lâcheté.

On vous appelle les "héros du quotidien", vous n'êtes que d'indicibles cancres de pères en fils pour qui la mine est la seule alternative à votre héréditaire paresse scolaire ! Et puis tout le monde sait bien que le pinard est votre seul réconfort, bande de poivrots à la peau noircie ! Et même si ce n'est pas vrai, on le croit. Ce qui suffit à vous déclasser aux yeux du monde.

Mais surtout cette puanteur qui se dégage de vos personnes.... Cette sempiternelle, satanée, écoeurante odeur de transpiration qui imprègne vos bleus de travail, n'avez-vous donc pas honte d'arborer de la sorte les larmes de vos corps éprouvés ? Indigents que vous êtes, au sortir de la mine n'avez-vous pas d'autre étendard à brandir que ces sourires austères sur vos visages sales, grossiers, burinés quand d'autres plus réfléchis, mieux éduqués et bien moins malpropres que vous affichent leur éclatante santé sous leurs coquets chapeaux de feutre ?

Décidément vous les "gueules noires", vous incommoderez toujours les esthètes de ma carrure....

Retournez donc au charbon puisque vous êtes assez bêtes pour vouloir continuer à creuser vos trous à rats de génération en génération !

Moi pendant ce temps, je vais maintenir bien au chaud mon précieux front de sybarite auprès des braises réconfortantes, régénérantes de ma cheminée à charbon.

jeudi 24 juillet 2008

794 - L'éclair originel

A présent je sais.

Je sais sa puissance, sa violence, sa force, ses profondeurs, son radieux mystère.

Et son infinie légèreté.

C'est une énigme visible à l'oeil nu, un principe immatériel plus essentiel que la pensée, plus limpide que l'air, plus solide que le roc, plus durable que le temps. C'est une étincelle susceptible d'embraser une chambre, un champ, le globe terrestre, la galaxie, l'Univers : une intangible mais infaillible preuve de vie. C'est une onde qui fait rentrer le ver dans sa fange, sortir l'imbécile de son antre, frémir les ruisseaux, trembler les vivants, danser les morts, vibrer le monde entier.

Cette flamme voyageuse purement cosmique, quasi éthérique, certainement divine, miraculeuse, fragile, inextinguible, insaisissable, éternelle, magistrale, aussi éblouissante que dérisoire qui de l'atome à l'étoile fait disparaître toute zone d'ombre porte un nom.

Pour désigner cette essence universelle que l'on explique approximativement avec de savantes formules mathématiques, qui s'échappe toujours de nos éprouvettes pour fuir vers l'infini et qui pour cette raison précisément donne du prix à nos jours et une base inébranlable à nos certitudes, constatations ou théories scientifiques, religieuses, humaines, pour désigner cette chose née d'ailleurs, on prononce un mot humain, nécessairement humain.

LUMIERE.

mercredi 2 juillet 2008

INGRID BETANCOURT : UN SUCCES MEDIATICO-COMMERCIAL

La libération de madame Bétancourt est en soi un fait anecdotique et ne concerne réellement que la personne elle-même et son entourage. Le reste est pur matraquage médiatique de la population. Cette histoire n'aurait jamais dû concerner les millions de lobotomisés télévisuels mais exclusivement les gens qui étaient dans la partie : famille, amis, proches politiques.

Il ne s'agit pas des funérailles de Hugo ici, juste d'une épopée médiatico-pseudo-politique, voire simplement mondaine. Un roman-feuilletons créé par de vaniteux journalistes.

Les médias ont pris en otage des millions de personnes qu'ils ont captivées artificiellement avec leurs méthodes habituelles de manipulations des esprits. Après le grand matraquage des masses, ce sera l'adoucisseur larmoyant qui incitera à faire écouler un pavé relatant les six ans de captivité de Bétancourt, pavé publié en centaines de milliers, voire en millions d'exemplaires.

Bref, un excellent coup d'édition que les petits Machiavels de la presse devaient préparer depuis longtemps. Sa libération devait être attendue, commercialement parlant, depuis des années. Plus sa captivité durait, plus l'affaire prenait de la valeur. Le vin a bien vieilli depuis six ans, il n'en sera que meilleur en "produit-culturel" star des supermarchés.

Ce sont les médias et les médias seuls qui avec patience et perversité (saupoudrées d'une bonne dose de gravité étudiée) ont fait entrer dans le crâne de qui le voulait bien des vérités unilatérales, uniformes, univoques et racoleuses. Ils ont réussi à faire croire à des millions de gens qui étaient au départ parfaitement étrangers à cette affaire que Madame Bétancourt était leur cousine, leur camarade de classe, leur voisine de palier.

Sous prétexte d'humanisme les "créateurs d'actualité" ou "décideurs d'événements" monopolisent un fait, le médiatisent à l'échelle mondiale pour mieux niveler les sensibilités, les opinions et finalement faire converger les vues vers un seul horizon : celui choisi par eux, les médias.

Fatalement vendeur.

Aujourd'hui Bétancourt, à qui le tour demain de servir de prétexte au "média-marketing" ?

La libération de madame Bétancourt est un immense soulagement, je ne le conteste pas. Mais uniquement pour les gens concernés : otages, familles, amis. Pas pour les Marcel Dupont se croyant investis d'une mission dupontesque largement orchestrée par les médias avides de pouvoir, d'actualités à leur avantage, de vision du monde à sens unique...

Je n'ai aucune haine, juste une rage saine contre les manitous de la manipulation médiatique qui ont l'art de créer des événements à la mesure de leur intérêts mercantilo-vaniteux.

Je refuse de me faire lobotomiser par un groupe de prétendus journalistes-humanistes à la solde des marchands de lessive. Madame Bétancourt est une invention médiatique à but lucratif en sens large du terme : faire tourner la machine à "news".

L'exploitation éhontée de l'affaire Bétancourt à l'avantage de faire bêler les populations dociles, de détourner leur attention, de leur faire penser à autre chose qu'à l'essentiel. Les journalistes sont des charognards prêts à toutes les manipulations pour se sentir exister, tirant profit des causes les plus "flatteuses" pour ennoblir la profession à bon compte.

Certains prétendent que c'est l'opinion publique qui a libéré l'otage...

Faux !

Et quand cela serait vrai, est-ce une raison suffisante pour prendre en otage des millions d'esprits à des fins strictement privées, artificiellement montées en affaire d'Etat ?

Cette prise d'otage est à l'origine une affaire policière et non politique. Ce sont les médias qui ont fait de cette histoire une priorité nationale. Ce sont eux qui ont "réquisitionné" l'opinion, créé l'événement à des fins journalistiques. Bref, tout ceci n'est rien qu'une opération médiatique parfaitement arbitraire, savamment ciblée pour servir les intérêts d'une corporation. Les français dupes, pauvres moutons conditionnés par les médias, se réjouissent de la libération de celle qui il y a six ans encore était une parfaite inconnue... Vaste mascarade ! On fait pleurer dans les chaumières pour cette histoire mondaine pendant que le clochard du coin n'a droit à aucune attention médiatique, lui qui est pourtant pris en otage économique depuis, 10, 15, 20 ans par la société parfaitement indifférente sur son sort. Evidemment, Dédé Lacloche le SDF du quartier qui fait la manche à la sortie des magasins, c'est moins vendeur, moins romantique, moins à la mode que Ingrid Bétancourt, otage de "qualité, faire-valoir de la "pensée de référence" au visage bien photogénique et femme nécessairement "courageuse".

Bref, Bétancourt est un otage télégénique susceptible d'être reçu avec le tapis rouge.

Les médias, pervers, manichéens, sélectifs, ont fait insidieusement passer Bétancourt pour une héroïne par le simple fait de son statut d'otage. En six années d'habiles manoeuvres journalistiques quasi subliminales, le fait est établi dans les esprits.

A quand la légion d'honneur pour Bétancourt ?

(Que l'on ne se méprenne pas sur mon discours : il n'est nullement question ici de remettre en cause la légitimité de la libération de l'otage mais de dénoncer la prise d'otage médiatique, subtile celle-là, de millions d'esprits inaptes à la critique pour mieux les instrumentaliser. Si le but est louable, le procédé est malhonnête, anti démocratique, et même définitivement immoral. D'ailleurs on prétend fort judicieusement que sans les médias, la captive aurait été libérée plus tôt. L'effet pervers de l'écho médiatique de cette affaire est que plus on parlait de l'otage, plus il prenait de la valeur entre les mains de ses geôliers...)

L'affaire Bétancourt est un pur produit médiatique. Qu'on me laisse au moins la liberté de ne pas penser selon les normes de cette "presse émotive".

Moi, je suis un bel esprit, autrement dit un lion. Et surtout pas un âne, encore moins un mouton.

Raphaël Zacharie de Izarra

Mes détracteurs qualifient les hommes du FARC de méchants terroristes... Objectivement ils ne sont pas plus terroristes que les Résistants de la Seconde Guerre Mondiale, considérés eux aussi comme tels à l'époque par Vichy. Les hommes du FARC, même si ce sont des criminels, ont leurs raisons d'agir ainsi. Même si je n'approuve pas leurs méthodes, ils ont leur vérité et je peux comprendre que l'on puisse penser et agir à contre-courant des masses civilisées. Les états utilisent eux-mêmes les méthodes criminelles les plus ignobles pour maintenir leur légitimité de nantis et personne ne semble s'offusquer de la chose. La prolifération de la détention de l'arme atomique en est le meilleur exemple.

On qualifie les preneurs d'otages de terroristes. Derrière le mot TERRORISTE la réalité n'est pas toujours toute noire ou toute blanche.

Bref, le point de vue de mes contradicteurs n'est pas le leur mais celui instillé par les médias.

La presse demande à la population française de s'apitoyer sur le sort de Bétancourt et le peuple gagné d'avance par le discours des "gentils journalistes anti FARC" bêle en choeur ! Les médias auraient demandé de mobiliser la sensibilité nationale pour Dédé Lacloche le SDF du coin, aujourd'hui l'opinion publique ne jurerait que par Dédé Lacloche...

A partir du moment où la population dans son ensemble suit l'ornière des sentiments médiatiques, plus de place à l'esprit critique ! La prochaine étape de "l'émotion civique" consistera à acheter le livre-témoignage de la maintenant "très courageuse" et surtout si télégénique ex-captive...

Je n'ai rien contre la personne de madame Bétancourt. Je me sens juste offensé par l'outrance médiatique consistant à transformer des victimes en héros malgré eux du simple fait qu'ils ont été pris en otage. Ne confondons pas courage avec le simple état de captif-passif. Un otage ne peut rien faire d'autre que subir. Ce n'est pas du courage, c'est juste de l'immobilité forcée.

Le reste n'est que "romantisme médiatique" et fumée télévisuelle pour citadins pleins d'éphémère sensiblerie.

Pour en revenir à Dédé Lacloche qui semble décidément n'intéresser aucune de ces belles âmes réglées sur les mouvements de la baguette médiatique servant une musique bien sucrée, certes il n'est pas photogénique, certes il pue, certes il bredouille quand il a bu et qu'il fait la manche au coin de vos rues. Aucun caméraman ne fait de gros plans sur sa face rougeaude et pourtant il est là tous les jours, toujours otage de notre système terroriste économique particulièrement injuste, lui et des milliers d'autres. Dédé est à portée de caméra et pourtant aucune ne prend la peine de faire un scoop sur lui. Madame Bétancourt a une réelle valeur médiatique, pas le clochard du coin dont la solitude, la souffrance, la détresse sont parfois pires et plus durables que celles endurées par "l'illustre otage" lors de sa captivité.

Ce sont les médias qui ont choisi pour vous votre sujet d'émoi du jour : ils ne sont pas bêtes les médias, ils préfèrent servir de la Bétancourt plutôt que du Dédé, c'est beaucoup plus fédérateur.

Et pendant que les caméras braquées sur Bétancourt pour servir au peuple (artificiellement réjouit par la liberté retrouvée d'une pseudo-connaissance) sa dose de "news" sucrées à la gloire de "l'héroïne nationale", pendant ce temps-là Dédé Lacloche n'existe toujours pas, médiatiquement parlant. Il est pourtant sous nos yeux mais il n'a aucune valeur en terme d'image. Juste bon pour alimenter minablement les journaux de rues vendus par les SDF.

Beau travail messieurs les journalistes ! Un peuple entier lobotomisé en six années de savantes manoeuvres subliminales...

=======

Les médias s'accaparent l'honneur d'avoir fait libérer l'otage.

Comme le pensent certains, il est en fait très probable qu'elle aurait été libérée depuis lontgtemps si on avait laissé agir les forces diplomatiques dans l'ombre.

L'illusion médiatique fonctionne à merveille : tous pensent que la libération de la captive est à mettre sur le compte des journalistes. Le silence est d'or dit-on. Moi je suis persuadé que le silence diplomatique aurait été plus efficace que le fracas de la presse.

Evidemment, tout est orchestré de manière à donner l'impression que ce sont les trompettes médiatiques qui ont rendu sa liberté à Bétancourt : shows télévisés sur shows télévisés, tapis rouges et sourires présidentiels sont là pour faire écran.

Les médias n'ont fait que retarder sa libération mais qu'importe, tout fonctionne sur le modèle illusoire : ainsi ils décrètent que le soleil se lèvera à telle heure sous leur seule volonté et miracle, le soleil se lève effectivement à l'heure indiquée par les médias...

Conclusion spécieuse des sots : c'est grâce aux médias que l'astre brille !

Raphaël Zacharie de Izarra

=======

Vraiment comique et pitoyable, la dérive se poursuit sur les BLOGS : l'ex-captive est maintenant accommodée à diverses sauces : "Bétancourt les images", "Bétancourt les retrouvailles", "Bétancourt en famille", "Bétancourt avec Sarkozy", etc.

Quand je disais que l'affaire Bétancourt était une cause nationale créée de toutes pièces par les médias...

Attendons-nous bientôt à : "Bétancourt et ses recettes de cuisine", "Bétancourt le Loft", "Bétancourt et ses secrets de beauté"...

mardi 1 juillet 2008

793 - Lettre aux publicitaires

La publicité ramollit la cervelle du citoyen moyen, et cela d'autant plus que des esprits dégénérés ont osé l'élever au rang de l'Art... Ce dernier point est pervers car oser élever les ritournelles et saynètes "lessivières" au rang de l'Art est un argument commercial mensonger supplémentaire (subtil et détourné) en faveur des yaourts, des chaussettes, des pneus de voitures et de leur glorification par ce procédé prétendument artistique.

A l'exemple de l'église de scientologie qui n'est devenue légalement une "église" que pour entrer dans un cadre fiscal plus avantageux mais aussi pour devenir plus respectable sur le plan moral. Avant d'obtenir son statut d'église, la scientologie était une vulgaire secte à but hautement lucratif. Aujourd'hui elle plume autant de pigeons qu'avant et avec la même énergie, sauf qu'elle le fait dans un cadre plus officiel, ce qui la met à l'abri des foudres de la loi.

Il en est de même en ce qui concerne la publicité : c'est une vaste opération de manipulation des esprits faibles à but strictement mercantile, une espèce de poison culturel qui de manière agressive s'étend sur le monde et dans les esprits depuis maintenant deux ou trois générations. La publicité est une machine tentaculaire destinée à fabriquer des abrutis assoiffés de coca-cola, et ce depuis des décennies. Voici une lettre destinée à des gens que bien des naïfs assimilent sottement à de "géniaux créatifs"...


Messieurs les créateurs,

Je vous qualifie de "créateurs" mais ce n'est pas ironique du tout. Vous êtes de très grands esprits, des gens utiles, des hommes libres.

Mieux : des "artistes".

L'art de prendre les êtres humains pour des minables, c'est un métier. Une vocation. Il faut être né avec du souffle dans la cervelle, je veux dire une chambre à air, bref avoir ça dans le sang, aimer faire du vent avec rien, ou plutôt aimer faire du rien avec du vent, l'air de rien.

L'engagement pour la cause publicitaire, ça s'apprend, ça se mérite. Je vous comprends... De tels efforts, ces études poussées, tant d'argent dépensé, ces belles énergies, toutes ces réflexions pour rendre bêtes et laids vos semblables, cela ne mérite-t-il pas d'immortelles statues en nouille ?

Vous êtes admirables messieurs les publicitaires.

Vous êtes indispensables surtout, vous qui embellissez les esprits sur papiers glacés, approfondissez les grandes questions du siècle plus blanc que blanc, habillez les abrutis (mais attention je parle des vrais abrutis-maisons, ceux qui rigolent et même qui semblent se pâmer sexuellement quand on les filme avec leur pot de yaourt), dénudez les têtes, vous qui savez mieux que quiconque ce qu'il faut mâcher, vous qui calculez au gramme près combien de légumes il faut manger quotidiennement pour ne pas que l'on devienne obèse, vous qui connaissez les secrets millénaires des ânes, des vaches et des petits pois, vous qui débitez des vérités fluides comme du plasma au son de violons numériques, vous qui décrétez que le sang menstruel de nos femelles aseptisées est bleu... Sans vous, avec quoi meublerait-on nos écrans, que lirait-on dans nos journaux, que penserions-nous dans nos pauvres têtes du matin au soir ?

Et surtout, que mangerions-nous ? Des patates ? Tous les jours des patates ! Ce serait l'enfer sans vous, messieurs les publicitaires. Pardon, messieurs les "artistes".

Merci de nous éclairer. Grâce à vous on mange cinq fruits et légumes par jour. Sur vos conseils on sait comment faire pour devenir intelligents, propres, bien chaussés, bien lavés, bien nourris, ipodés, protégés. Même nos cheveux brillent.

Vos vérités nous rendent beaux, bons, bien vêtus et même immortels. Les morts sont des ringards : ils ne vous écoutent pas les pauvres !

Avec les shampoings qui font luire nos trésors capillaires, nous les vivants on a des idées nouvelles sous le crâne. Vous nous avez sauvés, messieurs les "artistes" !

Votre merde a l'apparence de la merde, l'odeur de la merde, le goût de merde.

Et c'est effectivement de la merde.

Mais vous la vendez au prix de l'or, alors là vraiment je vous dis chapeau les "artistes" !